mercredi 15 novembre 2017

Lettre de Gustave du 15 novembre 1917, il a reçu un mandat de 10f de sa Maman et espere bien partir rapidement en permission.."J’ai reçu des nouvelles de ma marraine me demandant si j’avais besoin de chaussette ou ceinture, c’est une bien brave personne qui s’intéresse au sort des soldats, non pas comme ces faiseurs de chichi de Bir et d’ailleurs."

« Aux armées le 15 novembre 1917
Ma chère Maman
Je viens à l’instant de recevoir ta lettre contenant un mandat de 10F et je t’en remercie bien.
Pour le moment je suis comme toujours en excellent santé et j’espère que la présente vous trouve à tous de même.
Il y a quelques jours j’ai reçu des nouvelles de chez Juliette qui me dis que tu les as remercié enfin j’espère aller en permission dans quelques jours ou plutôt dans quelques semaines enfin je ferais mon possible pour y aller pendant les jours de fêtes.
J’ai reçu des nouvelles de ma marraine me demandant si j’avais besoin de chaussette ou ceinture, c’est une bien brave personne qui s’intéresse au sort des soldats, non pas comme ces faiseurs de chichi de Bir et d’ailleurs.
Je termine en t’embrassant, ton fils affectueux.
Gustave Fortier »





mardi 14 novembre 2017

Lettre de Gustave du 14 novembre 1917, content que sa Marraine de Guerre s'occupe de lui et lui envoie de la nourriture.

« 14 11 17
Ma chère Sœur
C’est sur la carte que m’a envoyée ma Marraine du PdC (Pas de calais). Car dernièrement elle m’a envoyé un carnet de carte, un pot de confiture, une boite de sardine, du chocolat suisse, enfin je suis heureux de voir que les gens de mon village m’oublient mais que ceux de France ne m’oublient pas. Enfin il me reste a remercier les habitants de Bir Rabalou de leurs bons souvenirs.
Dans l’attente de te lire je t’embrasse, ton frère affectueux.
Gustave »






dimanche 12 novembre 2017

13/11/17 : Gustave évoque un nouveau changement de lieu de cantonnement, les troupes se déplacent a pied et parcourent des distances de plusieurs dizaines de kilomètres par jour avec tout leur "barda" ou comme le dit Gustave "l'armoire a glace". Cette lettre a été retournée a Gustave par son petit frère avec un mot lui souhaitant une bonne année .. 1918.

« Le 13 novembre 1917
Ma chère Maman
Pour ne pas te laisser sans nouvelles de moi je te fais cette petite lettre qui te tranquilliseras sur mon sort. Je pars demain pour changer de village et toujours l’armoire à glace sur le dos. J’en ai tellement l’habitude que je ne puis plus m’en passer et même je ne sais pas marcher sans sac. La marche ne seras pas longue mais je crois que d’ici quelques temps je vais demander à entrer au régiment puisque au dépôt il y a pas de permission, je compte être de retour vers la fin de décembre a moins qu’il y ai de nouveaux ordres d’ici là.
Je te remerci d’avoir remercié Juliette et son mari pour moi ainsi que monsieur et madame Legout qui ont été bien gentille pour moi lors de mon passage à Paris.
Hier j’ai reçu la carte de René qui m’a fait bien plaisir et je me suis empressé de lui écrire et à cette heure tu l’auras peut être en même temps que la présente.
Les travaux doivent aller pour le mieux et j’espère que M Eugene s’occupe du travail.
Enfin il faut encore renvoyer à l’année prochaine puisque pour cette année il y a plus rien à faire mais pour les moissons peut être que ce seras fini mais si non je verrai de voir, prenons toujours patience.
Je termine ma présente lettre en t’embrassant, ton fils affectueux. Gustave »
En complément sur cette lettre, hypothèse : René (petit frère de Gustave et mon grand père) à du écrire sur cette lettre de Gustave, puis Gustave aurait retourné cette lettre à sa maman :
« Cher frère
Je te fait c’est deux mots pour te souhaité une bonne et heureuse année et une longue permition recois cher frere les meillieur baiser de ton frère René »





vendredi 10 novembre 2017

En ce 11 novembre, 99e anniversaire de l'armistice... 11 novembre 1917, Gustave écrit "hélas il arrivera un jour ou cette guerre se terminera et l’on pourras causer à son aise si Dieu le veut car j’ai bon espoir que ceux qui jusqu’à présent n’ont pas fait leur devoir, le feront pas après la guerre mais on pourra alors discuter devant tout le monde et lever la tète avec fierté." : un message sur les profiteurs et les "embusqués".

« Le 11 novembre 1917
Ma chère Maman
Je viens à l’instant de recevoir une lettre de Berthe qui m’a fait bien plaisir et je m’empresse d’y répondre.
J’espère que ma présente lettre te trouve en excellente santé ainsi qu’elle me laisse.
Ne te fais pas de mauvais sang à mon sujet car je ne m’en fais pas souvent.
J’espère dans quelques jours être relevé des lignes pour aller au repos, sans doute car depuis assez longtemps nous n’avons eu de grand repos.
Tout le monde de Bir Rabalou ne doivent pas trop de faire du mauvais sang, de cette façon la guerre peut durer, mais hélas il arrivera un jour ou cette guerre se terminera et l’on pourras causer à son aise si Dieu le veut car j’ai bon espoir que ceux qui jusqu’à présent n’ont pas fait leur devoir, le feront pas après la guerre mais on pourra alors discuter devant tout le monde et lever la tète avec fierté.
Tu sais de qui je veux parler mais pour le moment je ne puis que faire qu’une seule chose. Me taire!!!
Je termine ma présente lettre en t’embrassant affectueusement. Gustave »







dimanche 5 novembre 2017

6 novembre 1917 : Gustave dit avoir reçu de sa marraine de Guerre un colis, ainsi que la photo du frère de celle ci, qui à été tué a Craonne le 16 avril 1917, l'occasion d'illustrer cet article d'éléments de Craonne et de rendre hommage a toutes ces Marraines de Guerre qui ont soutenus nos chers Poilus.

« Aux armées le 6 novembre 1917
Ma chère Maman
Je viens par ma présente lettre de donner de mes nouvelles qui sont comme toujours excellente, je suis en très bonne santé et j’espère que ma présente te trouve de même ainsi que toute la famille.
Hier j’ai reçu un petit colis de Melle d’Hericault et ainsi que la photographie de son frère qui fut tué le 16 avril 1917 à Craonne.
J’espère que si Melles Servel ou quelques demoiselles de Bir Rabalou demandent de mes nouvelles tu les renseignera sur mon sort, car pour le moment je n’ai guère le temps de lui donner des miennes mais puisque je t’en donnes à toi ça sert pour tous.
Quand à Berthe j’espère qu’elle te donne la main pour son mieux et dans un mois je pense aller en permission et si elle pouvait venir m’attendre à Alger je serais heureux de la prendre en même temps que Juliette du moment qu’elle tiendrait à passer quelques jours à la campagne.
Dans l’attente de te lire, Reçois de ton fils ses baisers les plus affectueux.
Gustave »
Melle "d’Héricault" est une des marraines de guerre de Gustave, il fait état d’une photo du frère de cette personne décédée le 16 avril 1917 à Craonne, lors de l’offensive Nivelle ou bataille du chemin des dames.











Lettre de Gustave du 1er Novembre 1917

« Aux armées le 1er Novembre 1917
Ma chère Maman
Ne fais pas attention a mon avant dernière lettre car j’étais un peu ennuyé de voir qu’il fallait faire l’imbécile comme aux premiers jours de mon entrée au service mais actuellement j’ai une petite embusque pour quelques jours. Je suis à l’ordinaire d’un peloton de travailleurs qui est détaché aux tranchées pour la réfection des routes et des boyaux, pour le moment j’ai une bonne place en attendant d’avoir ma permission d’un mois pour l’Algérie car j’espère y aller dans deux mois au plus et si j’ai toujours une bonne embusque je demanderai à ce que l’on me retarde la permission. Ne te fais pas du mauvais sang à mon sujet car pour le moment je n’ai pas en m’en faire et si en retournant à la compagnie je pense avoir la place de Caporal d’ordinaire de la Compagnie, ça ira tout a fait bien, enfin pour le moment ça va. Je termine ma lettre en t’embrassant très affectueusement ainsi que toute la famille. Gustave
Dis à Julie de donner des mes nouvelles à Adolphe et qu’elle me donne des siennes. Gustave »













vendredi 27 octobre 2017

27 octobre 1917 : Gustave se plaint mais il est a l’abri pour l’instant dans sa compagnie de dépôt « …cette compagnie on y meurt de faim et je suis complètement dégoûté de ce métier de chien…. »

« Aux armées le 27 octobre 1917
Ma chère Maman
Ne te fais pas de mauvais sang je vais faire ma demande pour rejoindre le régiment et tachés d’être si possible avec le lieutenant Ribaud à la 3eme compagnie, je te recommande de ne pas t’en faire je sais ce que je fais car a cette compagnie on y meurt de faim et je suis complètement dégouté de ce métier de chien. Mais si tu me dis de rester au dépôt j’y resterai que pour la permission, sans ça je me débinerais au régiment mais que veux tu je prends patience  c’est à peu près partout la même chose.
Donne moi des nouvelles de Julie car je n’ai guère le temps de lui écrire aussi que d’Adolphe. A la maison j’espère que le tout doit aller pour le mieux. Je termine ma présente lettre en t’embrassant bien affectueusement aussi que toute la famille. Gustave.

Fortier Gustave 1er tirailleurs Caporal 4eme compagnie GID SP 68 »