dimanche 22 avril 2018

22 Avril 1918 : Gustave: « …Adolphe va peut être te dire que je suis fou de chercher à avoir des citations mais je n’ai pas ce que je mérite car j’aurai préféré recevoir une blessure et être à l’hôpital et avoir ensuite une convalescence enfin il vaut sortir sain et sauf car les blessures on ne connait jamais les suites.…. »

« Aux armées le 22 – 4 – 18
Ma chère Maman
Je viens à l’instant de recevoir ta lettre datée du 15 . 4 . 18 qui m’a fait bien plaisir aussi je m’empresse de te donner de mes nouvelles qui sont toujours bonnes et j’espère que ma présente te trouve de même ainsi que toute la famille.
Je ne pense pas que tu te fasse du mauvais sang à mon sujet car je suis toujours assez bien.
J’ai reçu le mandat de Julie et les deux colis que tu m’as envoyée et aujourd’hui le mandat de 15 francs que tu m’a adressée dans la lettre du 15 avril.
Adolphe t’a-t-il écri j’espère que oui, il va peut être te dire que je suis fou de chercher à avoir des citations mais je n’ai pas ce que je mérite car j’aurai préféré recevoir une blessure et être à l’hôpital et avoir ensuite une convalescence enfin il vaut sortir sain et sauf car les blessures on ne connait jamais les suites.
Je termine en t’embrassant ainsi que toute la famille. Ton fils affectueux.
Gustave »


samedi 21 avril 2018

19 avril 1918 : Gustave reparle encore de cette bataille du 5 avril, ou il a vraiment cru y rester : "Ne te moque pas de moi au sujet du vœu à Notre dame des Ravins car j’avais bien peur d’y laisser la peau à la bataille du 5-4-18- Actuellement je suis devenu croyant plus que tu peux te l’imaginer et si je suis sorti jusque là de la fournaise, c’est Dieu et Notre dame des Ravins et peut être Notre dame D’Afrique qui m’ont protégés car je les imploraient durant tout le combat."

«Aux armées le 19 avril 1918
Ma bien chère Maman
Pour ne pas te laisser sans nouvelles par ces moments si durs je te fais cette petite babille qui te feras plaisir je l’espère. Je suis toujours en parfaite santé et j’espère que la présente lettre te trouve de même ainsi que toute la famille.
Les travaux doivent aller pour le mieux je pense mais ici la température n’est pas la même que là bas ainsi hier le 18 avril il a neigé toute la journée et il ne fait pas chaud enfin j’espère toujours dans 8 mois je serais peut être en permission à moins que ça change d’ici là. J’ai été très heureux que vous ayez été voir les concerts de Ain Bessem et Bir Rabalou car il y en a pas souvent dans ces pays et ça distrait René et Guiguitte.
La récolte est elle belle? Et les lentilles sont elles bien sorties? Pas claires ni trop épaisses.
Je souhaite de tout cœur que cette guerre finisse le plutôt possible car je commence à en avoir assez de cette vie de galère mais quand même je prends le mal en patience et je me laisse vivre en ce moment, je suis aux tranchées tu dois savoir a peu près ou.
Je termine ma lettre en t’embrassant affectueusement, ton fils dévoué.
Gustave
Ne te moque pas de moi au sujet du vœu à Notre dame des Ravins car j’avais bien peur d’y laisser la peau à la bataille du 5-4-18-
Actuellement je suis devenu croyant plus que tu peux te l’imaginer et si je suis sorti jusque là de la fournaise, c’est Dieu et Notre dame des Ravins et peut être Notre dame D’Afrique qui m’ont protégés car je les imploraient durant tout le combat.
Je t’embrasse ton fils.
Gustave »






mardi 10 avril 2018

11 avril 1918 : Tellement marqué par la dernière bataille du 5 avril 1918, Gustave ré écrit une nouvelle fois : "je vais avoir une étoile de plus au ruban de ma croix de guerre mais du moment que j’en suis sorti c’est tout ce que je demandais à Dieu." "Juliette t’apprendras surement ce que je lui ai demandé, ce serais d’apporter ma croix de guerre à Notre Dame des Ravins en fait de reconnaissance du 5 Avril 1918" "J’ai eu un de mes amis tué par obus ça m’a fait beaucoup de peine car je le considérais comme un frère."

« Aux armées le 11 avril 1918
Ma chère Maman
Je viens par la présente lettre t’apporter toujours de mes nouvelles qui ne sont jusqu’à présent pas mauvaises, je suis toujours en parfaite santé et je souhaite de tout cœur que la présente vous trouve de même à tous.
Je t’ai expédié il y a quelques jours un extrait de citation de la Somme du 12 septembre 1916, tu me feras savoir si tu l’as reçu, j’ai l’honneur de te faire savoir que je vais avoir une étoile de plus au ruban de ma croix de guerre mais du moment que j’en suis sorti c’est tout ce que je demandais à Dieu.
J’ai eu un de mes amis tué par obus ça m’a fait beaucoup de peine car je le considérais comme un frère.
Ma demande d’aviation est resté je ne sais ou, j’attends toujours, je viens de faire une autre demande pour une école d’élève officier, je ne sais si je réussirai enfin je tache de m’éloigner de cette vie de soldat qui depuis que j’y suis-je commence a en avoir assez.
Juliette t’apprendras surement ce que je lui ai demandé, ce serais d’apporter ma croix de guerre à Notre Dame des Ravins en fait de reconnaissance du 5 Avril 1918. je ne pense pas qu’elle refuseras cette petite commission.
Berthe n’a-t-elle pas réussi à entrer dans la poste mais qu’elle ne se fasse pas de mauvais sang il faut prendre le temps comme il vient et surtout se moquer de tout ce que les mauvaises langues peuvent bien dire.
Pour aujourd’hui je termine et t’embrasse affectueusement, ton fils.
Gustave »





Gustave écrit le jour même de la mort de son meilleur ami Elie Chardonnet, Téléphoniste, tué par un obus. Même en retrait l'artillerie fut de nombreuses victimes parmi les troupes. Toujours marqué par la bataille du 5 avril, puis par la mort de son ami : "enfin je suis protégé de Dieu et pendant le combat j’ai fais un vœu à Notre Dame des Ravins en promettant ma croix de guerre si je sortais de cette lutte et j’ai demandé à Juliette si elle pouvait me rendre ce service en me l’apportant à notre dame des Ravins."

"Le 10 avril 1918
Ma bien chère Maman
Je viens une fois de plus t’apporter de mes nouvelles qui sont jusqu’à présent assez bonnes mais pas très pourtant car je viens d’avoir mon meilleur ami Chardonnet de Letourney qui vient d’être tué par un obus et tant d’autre enfin je suis protégé de Dieu et pendant le combat j’ai fais un vœu à Notre Dame des Ravins en promettant ma croix de guerre si je sortais de cette lutte et j’ai demandé à Juliette si elle pouvait me rendre ce service en me l’apportant à notre dame des Ravins.
J’espère qu’elle pourra me faire ça à temps perdu. As-tu des nouvelles d’adolphe je ne pense pas qu’il lui soit arrivé quelques choses.
Les travaux vont pour le mieux j’espère quand à cette guerre je commence a en avoir assez. Messaoud que fait il? Il est toujours chez le capitaine du Helgouet. J’attends tout les jours des bonnes nouvelles qui me font plaisir de vous savoir toujours en parfaite santée.
A Bir Rabalou quoi de neuf rien toujours la même chose? Enfin je ne pense pas que cette guerre dure encore longtemps car depuis quatre ans que des hommes tombent le peuple commence à être alarmé.
Pour aujourd’hui je ne vois plus grand-chose à te dire, excuse mon écriture car je suis pressé.
Je t’embrasse affectueusement. Ton fils pour la vie.
Gustave"
Gustave cite dans sa lettre du 10 avril le nom de Chardonnet (de
Letourneux)., il en reparle dans sa lettre suivante du 11 avril.
Il considérait cette personne comme un frère, la recherche nous
donne sa fiche en PJ : « tué à l’ennemi, somme » le 10 avril.
Chardonnet Elie Théophile est né le 3 septembre 1896 à Aussoie en Savoie, ses parents partent en Algérie la même année pour s’installer a LETOURNEUX .
Il est engagé le 22 février 1915 dans le 1er RMT et est Caporal Téléphoniste comme Gustave au moment du décès.
Elie Theophile Chardonnet décède par un tir d’obus le 10 avril soit 5 jours après la bataille. J’ai déjà expliqué que lorsque les régiments sont en « lignes », les hommes risquent leurs vies tous les jours avec les tirs d’obus « marmites ». Durant la grande guerre, 70% des décès seront du aux bombardements.





dimanche 8 avril 2018

Lettre très forte de Gustave du 8 avril 1918, suite a son engagement le 5 avril dans la bataille de l'Avre dans la région de Cantigny (Somme). Avec des pertes importantes pour le régiment : 650 hommes de troupes tués, disparus ou blessés, et 15 officiers. Il a été fortement marqué et s'en est remis a Notre dame des Ravins (Notre Dame D'Afrique), il va écrire plusieurs lettres sur lesquelles il reviendra sur son aller retour vers la Mort...."...en revenant encore une fois de la mort...j’aurais préféré avoir le pouce enlevé et en finir avec cette maudite guerre...Pendant l’attaque j’ai fais un vœu en me recommandant à notre dame des Ravins et puisque j’en suis sortis sain et sauf je vais demander à Juliette si elle veut bien apporter ma croix de guerre en souvenir du 5 avril 1918..A Bir Rabalou quoi de neuf rien, toujours la même chose mais ici ce n’est pas la même chose il y a des tués des disparus des blessés ça change tout les jours."

« Aux armées le 8 avril 1918
Ma chère sœur
Je viens à l’instant de recevoir ta missive datée du 29 mars ce quelle m’a fait bien plaisir car en revenant encore une fois de la mort ça fait plaisir d’avoir des nouvelles de la maison. Ne te fais pas de mauvais sang au sujet de ta demande car je croix que j’ai autant de chance que toi pour l’aviation, j’attends toujours je pense que je suis admis mais il faut attendre mon tour.
J’ai failli être blessé au genoux et au pouce gauche mais ce n’est rien malheureusement car j’aurais préféré avoir le pouce enlevé et en finir avec cette maudite guerre.
Pendant l’attaque j’ai fais un vœu en me recommandant à notre dame des Ravins et puisque j’en suis sortis sain et sauf je vais demander à Juliette si elle veut bien apporter ma croix de guerre en souvenir du 5 avril 1918, je ne pense pas qu’elle me refuseras sans ça je l’apporterais moi lorsque j’irai en permission. Oui ma sœur je croyais bien ne plus vous revoir mais Dieu m’a préservé.
Julie m’a écris et m’a envoyé un petit mandat dont je l’a remercie bien, fait lui part que je suis très étonne qu’Adolphe n’ai pas écris chez Perrault car eux aussi m’ont demandé pour qu’elles raison il ne leur avait pas écris.
A Bir Rabalou quoi de neuf rien, toujours la même chose mais ici ce n’est pas la même chose il y a des tués des disparus des blessés ça change tout les jours.
Pour aujourd’hui je ne vois plus grand-chose à te dire embrasse toute la famille pour moi, ton frère.
Gustave
PS j’attends ton colis que hélas me feras plaisir mais il n’a pas manqué de beaucoup pour ne même pas recevoir ta lettre. »